Crise de l’agriculture ? Défendons les solutions, pas les impasses !
A la veille de la grande manifestation des céréaliers qui aura lieu aux Champs Elysées, la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France (FNAB) rappelle l’importance du soutien à l’agriculture biologique, véritable solution d’avenir face à la crise actuelle.
Les agriculteurs vivent une situation de plus en plus intenable du point de vue de leurs métiers et des attentes de la société. L’agriculture conventionnelle bâtie sur une logique productiviste censée « nourrir le monde » peine aujourd’hui à subvenir aux besoins de ses producteurs et maximise leur endettement et les impacts négatifs sur l’environnement. Plusieurs dizaines d’exploitations disparaissent chaque jour en France.
Cette crise historique, réelle et sérieuse de l’agriculture ne doit pas être instrumentalisée par les organisations professionnelles pour prolonger un système qui en a été à l’origine. Comment comprendre que les plus grands bénéficiaires de la PAC aujourd’hui se retrouvent à défiler ?
Il existe des solutions structurelles aux problèmes de l’agriculture. L’agriculture biologique en est une, éprouvée et sérieuse, qui associe une réorientation profonde du système productif avec une demande sociale forte et donc la possibilité pour les paysans de vivre décemment des revenus de leur travail. En France, 10 agriculteurs se convertissent à l’agriculture biologique chaque jour c’est un changement à la fois d’ordre technique, social et environnemental.
D’après le sondage Eurobaromètre publié par la Commission européenne, les européens, qui veulent en priorité des produits sains et de qualité, pensent à 84% que l’Union Européenne devrait encourager les agriculteurs à produire plus de produits biologiques via la PAC. Il faut donc changer les orientations de la PAC pour 2013 et mettre en œuvre avec volontarisme et au minimum les ambitions affichées du Grenelle.
La FNAB accompagne depuis 1978, via les groupes régionaux et locaux qui constituent son réseau, les agriculteurs qui souhaitent construire l’agriculture de demain.
Communiqué de presse FNAB

Loi Grenelle 2 : Rassemblement à l’appel de 13 ONG mardi 04 mai 2010 à 16 heures à proximité de l'Assemblée nationale (Place Edouard Herriot)
Après plusieurs mois et années de tergiversations, la loi Grenelle2 arrivera enfin devant les députés le 4 mai 2010. Face à l'urgence écologique, le gouvernement et les parlementaires ont opté pour une course de lenteur que les grands discours écologiques n'ont pas cachée bien longtemps. En deux ans et demi, certains groupes politiques et lobbies ont ainsi eu le temps de raboter les modestes acquis du Grenelle de l'environnement et du Grenelle des ondes. Plus que jamais aujourd'hui, nous sommes fondés à nous inquiéter des dérives d'un processus démocratique qui, au lieu de mettre au cœur de l'action publique les contraintes écologiques, s'est astreint à recouvrir d'un vernis vert pâle une politique essentiellement productiviste et consumériste.
Centrale nucléaire à Penly, lignes à très haute tension, construction de nouvelles autoroutes et mises en concession autoroutière de routes nationales, projet de nouvel aéroport, terminal charbonnier, épandage et renouvellement de pesticides tueurs d'abeilles, implantation d'antennes relais sans contrainte réelle, construction d'incinérateurs, abandon de la fiscalité écologique (taxe carbone et taxe poids-lourds), lois anti-éoliennes, financement des nanotechnologies, absence de contrôle réel et efficace des publicités faussement écologiques, développement des agro-carburants, abandon du frêt ferroviaire... la longue liste des anicroches, reculades et décisions anti-écologiques et unilatérales qui ont plombé le processus « grenelle » nous amène à une grande amertume et une non moins grande inquiétude.
Quels que soient les faux-semblants de l'idéologie dominante, les mensonges des climato-sceptiques, les errements d'experts à la solde des lobbies ou les renoncements d'élus qui organisent systématiquement leur irresponsabilité, les contraintes écologiques ne sont pas négociables et les crises écologiques adviendront.
La non régulation écologique de l'économie et des politiques publiques aboutira inévitablement à une crise systémique dont les plus faibles économiquement et socialement seront les premières victimes.
Nous, acteurs et actrices engagé-es de la société civile, appelons les citoyens et citoyennes à participer à un rassemblement devant l'Assemblée nationale le mardi 04 mai 2010 à 16h.
Pour que les parlementaires ne restent pas sourds à nos demandes, ce rassemblement intitulé "Du bruit pour l'environnement" se fera en musique. Chaque manifestant est appelé à venir avec un sifflet ou un instrument de musique.

Agir pour l’Environnement – Réseau Action Climat France – Réseau Sortir du Nucléaire – Les Amis de la Terre – MDRGF – PRIARTéM - Résistance à l’Agression Publicitaire – CNIID – Association pour un Contrat Mondial de l’Eau – ACIPA – Union Nationale de l’Apiculture Française – Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique – Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports

 Lancement de la marque collective Bio Cohérence
 Le 12 avril, la FNAB participait au lancement de la marque Bio Cohérence : aux côtés des partenaires avec lesquels elle a travaillé durant un an à la mise en place d’une marque collective bio (Biocoop, Biomonde, les Eleveurs Bio de France, Bio Bourgogne, Bio Breizh, ou encore ProNatura et Bioconsom’acteurs pour ne citer qu’eux).
Un lancement en 2 temps : La journée à débuté avec un temps de présentation de la démarche et d’échange auquel plusieurs acteurs majeurs du secteur comme l’Agence Bio, ou encore le ministère de l’agriculture ont répondu présents. D’autres organisations sont venues également venues partager le débat, comme la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme) ou Inf’OGM. Une conférence était ensuite organisée. Les médias nationaux y étaient largement représentés, comme on pu le démontrer les nombreux articles parus en ligne et dans la presse les jours suivant le lancement.
Implication de la FNAB dans la démarche Bio Cohérence : Dominique Marion, président de la FNAB, était venu rappeler l’engagement du réseau dans la mise en place et l’évolution de cette nouvelle marque collective, et plus largement la vision de la FNAB de ce vers quoi doit évoluer l’agriculture biologique de demain. La FNAB, qui était à l’initiative de ce projet suite à la demande de son réseau en Assemblée Générale 2007, s’est fortement investie dans sa mise en œuvre durant un an. Quatre producteurs ont porté sa voix au sein d’Alternative Bio 2009 (Marianne Fouchet, Henri Thépaut, Thierry Mercier, ainsi que Dominique Techer qui est aujourd’hui président de Bio Cohérence). Les salariées FNAB ont également été mises à disposition d’Alternative Bio pour l’animation de la commission de rédaction du cahier des charges (Juliette Leroux) et l’animation générale du projet (Aurélie Schneider).
Et pour 2010 ? : Cécile Guyou est arrivée au poste de Déléguée Générale de Bio Cohérence tout début avril. Depuis longtemps dans la bio, elle a travaillé au sein de différentes structures qui lui ont permis d’appréhender le point de vue des différents maillons de la chaîne, du producteur au consommateur. Tout d’abord au sein de Viti Bio en Poitou-Charentes, puis de Bio Convergence Rhône-Alpes et dernièrement au sein de Pain de Belledone.  Au cœur de la nouvelle organisation Bio Cohérence, la FNAB continuera à s’impliquer afin de permettre l’appropriation de cette marque par les producteurs qui le souhaiteront. En tant que membre gestionnaire de Bio Cohérence, elle sera membre du comité de marque et des différentes commissions qui auront en charge son évolution (cahier des charges, communication,…). Par ailleurs Juliette Leroux continuera d’animer les discussions sur le cahier des charges, et Aurélie Schneider les discussions sur la communication.
Pour plus d’information sur Bio Cohérence, vous pouvez toujours consulter le site d’Alternative Bio 2009 en attendant la mise en ligne de son successeur : www.alternativebio2009.fr

Assemblée Générale 2010
La FNAB tenait son Assemblée Générale à Dijon, les 30 et 31 mars derniers : Venus très nombreux en Bourgogne pour cette occasion, les agriculteurs bio du réseau ont assisté durant 2 jours à plusieurs temps forts. Le tour de table des régions, le débat de situation des GRAB, l’Assemblée Générale Statutaire, puis une dégustation très appréciée de vins de Bourgogne et un concert country. Le lendemain, les débats d’orientation sur l’eau et la marque Bio Cohérence ont été suivis d’un colloque sur la place de l’agriculture biologique dans l’économie agricole et le modèle agro-alimentaire dominant.
Un moment apprécié : ouverte à tous les producteurs et animateurs, l’AG est un temps fort pour l’ensemble du réseau. Cette année encore, elle a été un temps de rencontre, d’échange, mais également l’occasion d’apprendre à connaître le réseau et de s’informer sur différents sujets d’actualité. Tout cela, comme toujours, dans une ambiance chaleureuse et conviviale !
Les orientations prises pour 2010 : En 2009, la volonté de la FNAB de construire une alternative a pris corps dans la création de la marque portée par Alternative Bio puis Bio Cohérence. L’Assemblée Générale de la FNAB a voté pour qu’en 2010, cette volonté d’être porteurs d’une alternative s’applique à l’ensemble des champs d’intervention de la FNAB, avec en filigrane la question de l’agriculture biologique que nous voulons développer. De nombreuse orientations fortes ont été prises notamment en terme d’identification de la FNAB et de son réseau, comme coordinateur du développement de la bio dans les régions mais également comme interlocuteur privilégié concernant l’eau. La FNAB travaillera à renforcer sa communication, à appuyer l’autonomie de l’organisation de la bio, et travaillera avec les institutions européennes afin entre autres de faire des propositions porteuses pour la PAC. Elle poursuivra son travail pour des filières pérennes et une réglementation exigeante.
Développement de la bio : l’AG a pointé le risque d’un dispositif d’aides à la conversion inadapté en 2011. Avec une enveloppe insuffisante dès 2010 : les moyens du développement n’y sont toujours pas, tant pour les agriculteurs que pour les GAB et GRAB qui les accompagnent dans leur cheminement vers la bio. D’un autre côté, certains GRAB voient avec inquiétude les demandes de conversions d’agriculteurs connaissant mal les spécificités de l’agriculture biologique, mais souhaitant bénéficier des aides pour redresser temporairement une situation économique difficile : les OPA qui les conseillent prendront-elles leurs responsabilités quand ça ira mal pour eux ?
Les actions de la FNAB en faveur d’une bio cohérente et solidaire : la FNAB milite chaque jour pour son projet pour la bio. Au travers de sa vigilance concernant la réglementation européenne, mais également en participant à un travail de coordination et de soutien aux éleveurs refusant de vacciner contre la FCO, via le refus de la CVO inique sur la lutte contre la chrysomele, ou encore via l’accompagnement du lancement de la nouvelle marque privée dans laquelle la FNAB s’est investie aux côtés de ses partenaires. Les différentes discussions de l’Assemblée ont rappelé que cette cohérence était à rechercher aussi dans l’organisation des filières de commercialisation pour ne pas reproduire les impasses du conventionnel.
L’équité, la solidarité et les alternatives aux filières industrielles : c’était le sujet du colloque de l’après-midi. Aurélie Trouvé (économiste – INRA AgroSupDijon) a rappelé que nous vivons une crise globale : alimentaire, sociale et environnementale. La seule sortie possible réside dans une relocalisation des filières agricoles et une redéfinition de la PAC. Michel Besson a souligné l’importance de la concertation pour construire des filières équitables : il faut sortir du corporatisme et dialoguer. Rudiger Bruegmann a apporté un éclairage concret et intéressant sur la filière laitière bio allemande, autour de Bioland, avec par exemple un lait « + 5 cents » : les 5 cts de plus payés par les  consommateurs allaient directement aux producteurs. Enfin, Bernard Devoucoux (Auvergne Bio Distribution) et Dominique Techer (Président de l’association gestionnaire de la marque privée) ont témoigné sur ces deux initiatives issues de paysans bio en France avec leurs partenaires.
En attendant les Journées d’Automne, prochain grand rendez-vous du réseau, toute l’équipe, professionnelle et salariée, remercie tous les présents à cette AG ainsi que la Bourgogne pour son accueil chaleureux.

La permaculture fait son entrée dans le dictionnaire : Science, mode de pensée ou philosophie, la permaculture était jusqu’ici encore peu connue en France. Elle fait son entrée avec en 2009 le premier festival francophone sur le sujet. Le mot sera également introduit dans l'édition 2010 du Petit Robert, qui le définit ainsi : "mode d'aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants et à produire de la nourriture en renforçant l'écosystème ». Une définition un peu concise pour un concept bien plus complexe, mais peut être cela amènera-t-il chacun à se poser plus de questions sur le sujet. Pour en savoir plus sur les fondements de cette science de la conception de systèmes agricoles humains utilisant des principes d'écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels : http://fr.news.yahoo.com/13/20091103/tot-la-permaculture-fait-son-entree-dans-89f340e.html

Projet de règlement européen vin bio - « Pour une définition plus rigoureuse et plus vraie du vin biologique » : Bruxelles a dévoilé le 20 octobre le document de travail « vin bio », première « mouture » du règlement prévu pour le 19 novembre prochain. Celui-ci ne satisfait pas les Vignerons indépendants de France (Vif), qui estiment que le cahier des charges tel qu’il est prévu fait un peu trop « la part belle à l’industrie ». Les pratiques œnologiques qui dénaturent ou détruisent les matières vivantes du vin ne doivent pas être autorisées pour les vins bio, estiment ils. Pour eux, ce document de travail constitue « un compromis politique à rebours de ce que veulent les vignerons et les consommateurs : un vin clairement démarqué du vin dit conventionnel ». Le syndicat dénonce l’autorisation de pratiques œnologiques qui « dénaturent ou détruisent les matières vivantes naturellement présentes dans le vin », comme la thermovinification ou l’osmose inverse, qui seraient autorisées jusqu’en 2016. « Soit ces pratiques sont ne sont pas contraires à l’esprit et à la lettre de l’agriculture biologique et alors il n’y a aucune raison de les interdire en 2016. Soit ces pratiques détruisent les matières vivantes naturelles du vin et elles doivent, dès 2010, être prohibées ». Selon eux, cette position politique européenne défavoriserait les vignerons indépendants convertis en agriculture biologique, « qui ont fait le choix de s’imposer des règles strictes et respectueuses du vivant par l’usage de méthodes plus artisanales ».  La FNAB se prononcera sur ces pratiques lors de son Conseil d'administration du 10 novembre. (source : Viti-net)

78% des villes moyennes servent des produits bio dans les menus des restaurants scolaires: d’après une étude réalisée en juillet dernier dans le cadre d’un partenariat entre la Fédération des maires des villes moyennes (FMVM) et Sodexo. Si la couverture est bonne, la proportion d’aliments bio, elle, reste faible : 68% des écoles utilisent moins de 10% de produits bio, 14% entre 10% et 20%, et seuls 8% d’entre elles dépassent les 20%. Fruits, légumes et pain sont principalement servis, les féculents ou viandes l’étant plus rarement. Suite à cette étude, les maires des villes moyennes ont donc désigné différents enjeux prioritaires. L’aspect pédagogique arrive largement en tête des préoccupations : « le moment du repas ne doit pas être perçu comme seulement utilitaire et récréatif, mais doit s’intégrer au cœur de la journée à l’école comme un moment fort d’éducation aux bonnes habitudes alimentaires. La diversité et la qualité des aliments consommés ainsi que la lutte contre l’obésité sont aussi des enjeux prioritaires de la restauration scolaire», précise la FMVM.

Alternative Bio 2009 (l'association créée afin de travailler à la création d'une nouvelle marque privée collective garantissant les produits issus de l'agriculture biologique) vient de mettre en ligne son site internet. Nous vous invitons à aller le consulter : www.alternativebio2009.fr

Bretagne - une ferme bio dans une commune sur deux : l’année 2008 aura marqué la reprise des conversions, même s’il reste encore à faire pour atteindre les objectifs du plan Barnier dans une région ou un nombre important d’agrobiologistes approchent de l’âge de la retraite. L’observatoire régional de la production biologique en Bretagne, réalisé par la Fédération régionale d’agriculture biologique (FRAB) et ses groupement départementaux (GAB), montre une progression du nombre d’exploitations agricoles bio qui ne s’était pas vue depuis les années 1998 à 2000 (années des CTE). Le seuil des 1000 producteurs bio est franchi et la moitié des communes bretonnes compte au moins une ferme bio. Plusieurs facteurs ont joué en faveur de la bio : le plan Barnier réhabilitant la bio par son discours et les moyens financiers alloués (20 millions d’euros sur l’ensemble de la France), mais également des marchés attractifs et une demande en croissance constante pour toutes les productions. La valorisation ainsi que la maîtrise des débouchés reviennent aux producteurs. Résultats : en Bretagne une cinquantaine de fermes conventionnelles s’est engagée dans la bio en 2008, en lait, viande et légumes. Pour en savoir plus ou commander l’Observatoire : Emmanuelle Deraeve – FRAB Bretagne – 02 99 77 32 34

Bilan de santé de la PAC : des mesures importantes pour les bio, grâce à la FNAB. Dans le cadre de la révision à mi-parcours de la PAC actuelle (« bilan de santé »), la France a proposé à Bruxelles un certain nombre de mesures applicables en 2010, dont certaines touchent spécifiquement les bio. Ainsi, une aide au maintien et une aide à la conversion entrent dans le 1er pilier de la PAC (paiements directs, financés à 100% par Bruxelles). Le montant des aides au maraîchage et à l’arboriculture a été nettement relevé (900 euro/ha). Enfin, une aide au veau bio sous la mère a été adoptée, qui concernera également les veaux bio, nés et élevés sur l’exploitation, nourris au pis ou au biberon, et ce quel que soit le mode de commercialisation de ces veaux. Le ministère, ainsi que certaines organisations professionnelles agricole, ne voulaient pas, au départ des discussions, ouvrir cette aide aux veaux bio, demandée par la FNAB ; ils ont ensuite voulu la cantonner aux seules exploitations adhérentes à une organisation de producteurs reconnues. Même si ces dernières verront leur prime effectivement plus importante, l’acceptation de cette aide à tous les veaux bio sous la mère est une victoire de la FNAB, qui a plaidé jusqu’au bout auprès de M. Barnier pour n’exclure aucun veau bio sous la mère. Nous reviendrons dans de prochaines brèves, sur l’ensemble de ces mesures.

Rapport de l’AFSSA mis à jour : la bio confirme ses avantages nutritionnels. Denis Lairon, coordinateur du rapport de l’AFSSA sur la bio (2003), vient de publier une mise à jour de ce rapport, fonction des dernières études réalisées sur la comparaison bio et non bio. Pour celui-ci, « pour ce qui est de la valeur nutritionnelle des productions de l’AB, par comparaison aux conventionnelles, on tend à trouver dans des légumes plus de matière sèche, de fer ou de magnésium et dans diverses productions végétales plus de microconstituants antioxydants (polyphenols, flavonols, resvératrol). Dans des produits animaux, on tend à trouver moins de lipides et plus d’acides gras polyinsaturés (poulet). Concernant la qualité sanitaire, les données indiquent que l’on n’y détecte que rarement des résidus de produits phytosanitaires (2-6% d’échantillons vs environ 40% en général), des quantités comparables de mycotoxines (céréales) et des teneurs plus faibles en nitrates d’environ 50% (légumes) » (dans Innovations Agronomiques (2009) 4, 281-287).

France : Le lait bio décolle mais il lui reste encore un peu de chemin à parcourir D’après Pleinchamp.com, alors qu’un quart des besoins en lait bio avait été satisfait par des importations en 2008, la production décollerait en France cette année. Malgré une hausse de la collecte pour atteindre en 2008 234 millions de litres, le lait bio continue pourtant de ne représenter que 1 % de la collecte globale de lait en France, contre 13 % en Autriche, 9 % au Danemark et 2 % en Allemagne. L'année dernière, 408 millions d’euros de lait et produits laitiers bio ont été consommés, soit une hausse de 76 % en trois ans. Une hausse de la consommation encourageante pour les producteurs.

OGM : l’Amérique s’inquiète : Au moment où la Commission européenne revenait à la charge le 22 juillet en proposant d'autoriser la commercialisation et l'utilisation dans l'UE de trois semences (le MON88017, le MON89034, et le NK603) génétiquement modifiées pour être résistantes aux insectes et tolérantes aux herbicides, les scientifiques américains de l’AAEM (American Academy of Environmental Medicine states) réclament eux un moratoire sur les OGM (source Sentient Times). Ils dénoncent le fait que les aliments génétiquement modifiés n’ont pas été convenablement testés ajoutant qu’il y a un lien de causalité entre aliments génétiquement modifiés et effets néfastes sur la santé. Au mois de mai dernier ils appelaient la communauté médicale à avertir leurs patients et le public d’éviter dans la mesure du possible toute nourriture génétiquement modifiée. L’AAEM affirme que plusieurs études sur les animaux montrent de graves risques de santé liés à la consommation d’OGM : infertilité, vieillissement accéléré, et altération des principaux organes et du système gastro-intestinal. Les exemples cités sont édifiants, mais certains craignent qu’une fois de plus nous assistions à la lutte du pot de fer contre le pot de terre…

Préparation Naturelles Peu Préoccupantes. Le décret PNPP est enfin sorti après 2 ans d'attente. Il prévoit la possibilité de céder ou commercialiser une préparation simple à base de plantes à usage phytosanitaire, à partir du moment où sa "recette" aura été validé via un arrêté. Un projet concernant le purin de prêle est en cours de rédaction. Cela dit, le purin d'ortie, qui a déclenché toute cette histoire, n'est pas encore près d'être sauvé. En effet, le nouveau décret stipule que, pour être reçu, un dossier doit concerner une matière active listée dans la directive 91/414, qui recense toutes les matières actives autorisées en Europe. Or, l'ortie et un certain nombre d'autres végétaux de ce type sont absents de cette Directive, car personne (ni fabricant, ni Etat) ne les ont soutenus lors de la récente révision. En conclusion, si la France ne veut pas que ce décret devienne un presque coup d'épée dans l'eau, il est urgent qu'elle prenne ses responsabilités pour faire inscrire l'ortie et ses petites camarades au niveau européen.

Quand l'Afrique de l'Ouest fournit du coton bio aux industriels bretons : La Bretagne et l'UEMOA ont investi 740 000 euros sur trois ans pour donner à près de 5 000 cotonculteurs maliens et burkinabés organisés en coopératives les outils et le savoir-faire pour cultiver du coton bio. Le programme est coordonné sur le terrain par l'ONG suisse Helvetas, en collaboration avec des associations locales comme le Mouvement biologique malien (Mobiom). Des marques de textiles comme Armor Lux ou Ekyog s'engagent sur des volumes d'achats année par année. Secoués par la crise économique et par la concurrence venant de pays comme l'Inde ou les Etats-Unis, où les cotonculteurs sont fortement subventionnés, les cultivateurs africains y voient le moyen de s'assurer un peu de stabilité. De plus, l'approche équitable du programme amène les entreprises textiles à acheter environ 0,53 euro le kilo de graines de coton bio, contre 0,26 pour le conventionnel

L’Espagne devient le premier pays d’Europe en termes de surface d’exploitation devant l’Italie. Avec 1,3 million d’hectares (soit 33% de plus qu’en 2007) dédiées à l’agriculture biologique, le Ministère de l’Environnement espagnol fait de la bio un secteur prioritaire de l’économie espagnole. Pourquoi ? Parce que le secteur résiste bien à la crise. A tel point que la vente de produits bio augmente entre 15 et 20% par an, selon le directeur technique de la Société espagnole de l’Agriculture Biologique, Victor Gonzálvez. Cependant, l’essentiel de l’agriculture biologique espagnole part à l’exportation, la consommation restant encore marginale quoiqu’en forte hausse. L’un des grands objectifs du ministère de l’Environnement est donc de développer la demande interne afin de donner un coup de fouet à un secteur d’avenir.

Le poulailler bio géant de Nérac ne plaît pas à tout le monde. Fin octobre, 6000 poulettes (au maximum 9000) arriveront sur le plateau du Cauze, à Nérac, pour y pondre des œufs bio. Mais les riverains s'insurgent contre l'implantation «d'une usine à œufs» comme ils l'appellent. Sachant que la réglementation exige un parcours de 1,20 ha pour 3000 poules, le terrain de 4 ha abritera un poulailler de 90 m de long sur 12 m de large et 4,97 m de haut. Les voisins se sont unis pour lutter contre cette création, malgré un permis obtenu en bonne et due forme. Le bâtiment se trouvera, comme le prescrit la réglementation, à plus de 100 m des habitations, même si les poules auront loisir à venir picorer jusqu'aux limites des propriétés mitoyennes.

507 captages prioritaires pour la protection de la ressource en eau. Le Ministère de l’écologie a publié le 30 juin la liste des 500 captages les plus menacés par les pollutions diffuses. Des programmes d’actions spécifiques y seront mis en œuvre, comme par la réduction des intrants, la mise en œuvre de bandes enherbées, des rotations de culture, voire le passage à une agriculture biologique. Le programme d’action doit être déterminé au plus tard à l’automne 2011, pour permettre la mise en place des mesures agro-environnementales volontaires avant mai 2012. Si au bout de trois années les objectifs ne sont pas atteints, le préfet pourra alors déclencher la phase obligatoire. La FNSEA dénonce des mesures qui ne concernent que les agriculteurs et «sont dans le dogme d’une agriculture biologique comme seule solution», indique Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, et président de sa commission Environnement. Il suggère que la protection de ces zones sensibles soit plutôt l’occasion pour les agriculteurs d’expérimenter des techniques alternatives en inventant à cette occasion « les outils agricoles de demain».

OGM : remise en cause de la fiabilité des tests européens. Une étude internationale publiée dans le « International Journal of Biological Science » remet en cause la fiabilité des tests de l’Autorité européenne de la sécurité alimentaire et de la FDA dans l’évaluation des risques des OGM et pesticides sur la santé. A la lecture de cet article signé par huit chercheurs internationaux, le Comité de recherche d’information indépendante sur le génie génétique (CRIIGEN) précisait que « les firmes d’OGM agricoles et les commissions d’évaluation négligent systématiquement les effets secondaires des OGM et des pesticides » et qu’il ressort de cette étude « une importante sous-estimation des signes initiaux de maladies comme les cancers, maladies hormonales, immunitaires, nerveuses ou de la reproduction, entre autres ». Il ajoute qu’ « en cautionnant les techniques adoptées par les firmes afin de masquer des résultats statistiques significatifs, les pouvoirs publics démontrent leur incapacité à tirer les leçons des scandales sanitaires passés ». Selon eux, toute étude réglementaire devrait être réalisée à long terme et par un organisme indépendant.

Le défi climatique rappelle l’importance d’établir une stratégie alimentaire durable. Les Ministres de l’agriculture européens discutaient le 13 juillet des stratégies de recherche et du Livre blanc de la Commission sur les stratégies d’adaptation au changement climatique. A cette occasion, Christophe Stopes (Président du groupe IFOAM Europe) constatait que "l'Agriculture biologique a un fort potentiel de diminution du risque de changement climatique, elle est aussi plus apte à s’adapter à ses conséquences. De plus, elle produit notre alimentation de façon durable, ce que reconnait le papier de la Commission (1). Le changement climatique et la dégradation des sols sont des menaces sérieuses pour la production alimentaire future. Nous invitons donc la présidence suédoise et le Conseil à prendre des mesures pour aider à aborder ces défis en prenant l'agriculture biologique comme exemple. La bio livre un modèle d’avenir pour les systèmes alimentaires et agricoles. Cette opportunité doit être prise en considération et développée au niveau européen ».  Otto Schmid, Vice Président d’IFOAM Europe ajoutait que la recherche est un outil indispensable pour améliorer les pratiques agricoles. La plateforme « TP organics » offre déjà un calendrier de recherche jusqu’à 2025.  Pour plus d’information : IFOAM Europe, Téléphone + 32-2-280 12 23, Fax: +32-2-735 73 81, info@ifoam-eu.org, www.ifoam-eu.org

http://register.consilium.europa.eu/pdf/en/09/st08/st08526-ad05.en09.pdf

Des groupes d’agriculteurs contre le blé OGM. Quinze groupes agricoles et écologiques des premiers pays exportateurs de blé (Canada, Etats-Unis et Australie) ont publié en juin une déclaration commune par laquelle ils font part de leur opposition au blé OGM. La déclaration avait pour but de contrer un appel lancé le 14 mai par les organisations d’agriculteurs de ces trois pays en faveur de la commercialisation synchronisée du blé OGM. « L’ingénierie   génétique pour le blé serait une calamité pour l’ensemble des producteurs de blé... Les consommateurs du monde entier ont déjà  rejeté l’idée du blé GM », a déclaré Julie   Newman, membre du Network of Concerned Farmers en Australie. Parmi les autres groupes signataires de la déclaration l’Organic Federation of Australia, Biological Farmers of Australia, Greenpeace, et l’Organic Consumers Association basée aux Etats-Unis.

La recherche française en bio à la traîne. 76 % des français pensent que l’agriculture bio est une solution d’avenir. Pourtant, malgré la confiance du public et les ambitions affichées par le gouvernement, une récente analyse scientométrique vient de montrer que les efforts de la recherche française en la matière restent faibles, selon une enquête de la Fondation Sciences Citoyennes. Le monde scientifique considère que le nombre des publications donne une image de l’activité scientifique. Ainsi, pour un domaine donné, l’analyse bibliométrique déploie des indices qui permettent de mesurer et évaluer l’intensité des recherches. Ces indices déterminent alors si un domaine est considéré comme important. Ils reflètent les priorités décidées au niveau des politiques nationales et, en interne, dans des institutions comme l’INRA, donnent un aperçu des moyens alloués, humains et financiers. Pour l’Union Européenne des 27, " l’indice de spécialisation ", qui illustre la part des recherches toutes disciplines confondues, est de 1,52 pour l’agriculture biologique. Il n’est que de 0,68 aux USA et de 0,18 pour la Chine. Cet indice, largement supérieur à 1 en Europe, montre que l’agriculture biologique est un domaine dans lequel la recherche est active et soutenue. Mais, il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans le détail, la France est très loin derrière : elle affiche un indice de spécialisation de 0,47. En s’intéressant à la production scientifique au sein des disciplines mères (agriculture, biologie, écologie, agroalimentaire), " l’indice de priorisation " français ne dépasse jamais les 0,6. Avec des valeurs aussi faibles, ces deux chiffres démontrent que l’agriculture biologique est un domaine " orphelin " en France. D’après Sciences Citoyennes, il y aurait en France un contexte très particulier porteur de ce sous-investissement : " le rôle d’un syndicalisme agricole converti au productivisme, puissant et largement majoritaire du fait du mode de scrutin des élections en chambre d’agriculture, et l’influence de l’industrie de la chimie depuis la seconde guerre mondiale sur la décision publique, y compris sur l’organisation de la recherche ". Mais les analystes y voient aussi des facteurs culturels. La prévalence des approches scientistes pourrait expliquer ce désintéressement pour l’agriculture biologique. L’agriculture bio est, en effet, un domaine où la compréhension des interactions entre les êtres vivants est essentielle, et où les savoirs populaires, plus intégrateurs, peuvent apporter beaucoup. Mais, en France, la " figure industrieuse de l’ingénieur " et la tradition des lumières, qui prône la domination de la nature par l’artificialisation, ont la peau dure. (source univers-nature.com, 2 avril 2009)

La viticulture bio française a le vent en poupe. On note une forte dynamique de conversion en viticulture sur l'ensemble de l’hexagone en 2008 et à prévoir en 2009. Pour certains départements, l'augmentation de SAU en conversion est très importante : Gironde + 25 %, Côte d'Or + 30 %, LR + 25 %.

CAP'Eau Adour-Garonne : pour une nouvelle politique de l'eau en Adour-Garonne. Le Collectif Associatif Pour la gestion de l'Eau en Adour-Garonne propose un kit pratique sur l'eau afin de préserver et reconquérir la qualité des eaux et des milieux aquatiques du bassin. Une cinquantaine d’associations et fédérations du bassin Adour Garonne, dont Bio d’Aquitaine, se sont regroupées pour faire entendre leurs propositions sur l’ensemble des sujets sensibles de la gestion de l’eau. Le kit réalisé par CAP'Eau Adour-Garonne s’adresse plus particulièrement aux différents acteurs institutionnels de la politique de l’eau qui doivent se prononcer d’ici mi mai  sur le nouveau SDAGE, Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau. Le kit est disponible en ligne sur notre site www.bio-aquitaine.com, ou via le site de la FNAB.

Le doublement du crédit d'impôt interviendra bien sur les revenus 2009. A tous ceux qui s’étonnaient de trouver des formulaires de déclaration d’impôt avec un crédit d’impôt « bio » doublé, la réponse de l’administration est claire : ce doublement n’interviendra bien qu’en 210, pour nos impôts 2009. Les formulaires téléchargeables vont être très rapidement modifiés.